À Ryad, Élèves et Diplomates Appelés à Se Mettre à L’Abri, les Houthis Menacent les Sites Pétroliers
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La capitale saoudienne a été secouée, jeudi 8 octobre, par de violentes explosions, poussant des élèves des écoles internationales et diplomates à se mettre à l'abri, dans un conflit qui s'intensifie entre Ryad et les Houthis pro-iraniens.

Ces derniers ont même appelé le personnel des sites pétroliers en Arabie saoudite à partir pour éviter d'être pris pour cible, sur fond d'intensification des hostilités avec Ryad.

"Les employés de toutes les installations pétrolières doivent quitter les lieux constituant des cibles pour nos forces, afin de ne pas mettre leur vie en danger", a écrit le porte-parole des rebelles yéménites, Yahya Saree sur X, réitérant aussi l'avertissement de son mouvement aux compagnies aériennes et aux voyageurs d'éviter le royaume. 

Ryad Dit Avoir Intercepté Deux Missiles Houthis

Les Houthis ont également affirmé avoir encore frappé l'aéroport de Ryad, après que les autorités saoudiennes ont dit avoir intercepté deux missiles tirés par les combattants pro-iraniens. 

"Nos forces armées ont visé l'aéroport du roi Khalid à Ryad à la mi-journée à l'aide d'un missile balistique qui a atteint sa cible", a déclaré le porte-parole militaire du mouvement, Yahya Saree, en ajoutant que l'attaque avait provoqué "des dégâts et des perturbations du trafic aérien". 

La veille, les autorités aériennes avaient déploré trois morts et des dizaines de blessés après des attaques sur deux aéroports du pays, alors que l'Arabie saoudite est parallèlement engagée dans une contre-offensive sur le sol yéménite, où elle soutient le gouvernement internationalement reconnu.

Les hostilités entre les Houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement se sont réveillées en juillet après des années d'accalmie, devenant le nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

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Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations militaires et pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut. Et la pression s'est accentuée ces derniers jours sur les infrastructures aéroportuaires.

Des journalistes de l'AFP ont signalé par la suite une série d'explosions, dans l'un des épisodes les plus violents depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février.

Panique À Ryad

Des diplomates se sont mis en lieu sûr dans le quartier diplomatique de la capitale. Des écoles internationales ont aussi pris des précautions, selon les témoignages d'habitants, les enfants se réfugiant dans certains cas au sous-sol par mesure de sécurité.

"Ma fille m'a appelée. Elle était en panique", a raconté à l'AFP une mère de famille ayant requis l'anonymat.

Dans le quartier d'affaires de Ryad, des entreprises ont évacué le personnel de la zone, ont indiqué deux employés à l'AFP.

À l'aéroport de Ryad, les panneaux d'affichages signalaient plusieurs reports et annulation de vols.

Les autorités saoudiennes n'ont pas communiqué jusque-là, ni envoyé des messages d'alertes par SMS comme cela avait été le cas au début du conflit.

Une campagne lancée par le ministère de l'Intérieur met régulièrement en garde les habitants contre le partage d'informations, d'images ou de vidéos non autorisées concernant des missiles, des drones et de leurs impacts, sous peine de "poursuites judiciaires".

Plus De 200 000 Déplacés

Parallèlement, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement lundi de l'opération "Aube du Yémen" lancée par les forces gouvernementales avec l'appui aérien de Ryad.

Sur la seule journée de jeudi, les affrontements dans le sud-ouest du pays ont fait au moins 83 morts, ont indiqué à l'AFP des sources militaires dans les deux camps.

L'objectif est de faire reculer les Houthis, qui ont pris au terme d'une offensive éclair en septembre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

Si le gouvernement parle de "victoires sur plusieurs fronts", les combattants pro-iraniens ont démenti avoir cédé du terrain et des sources militaires des deux bords n'ont pas fait état d'évolutions majeures sur les lignes de front.

La reprise des hostilités a fait plus de 200 000 déplacés au Yémen, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), qui s'est alarmée mercredi du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Face aux attaques incessantes des Houthis, en Arabie saoudite comme au Yémen, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.

La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite se sont mis d'accord pour passer "immédiatement à la mise en pratique" d'un accord de défense, signé en août à La Mecque. Mais Ankara a exclu jeudi d'envoyer son armée pour frapper les rebelles Houthis du Yémen, le chef de la diplomatie turque indiquant que son pays "n'enverrait pas ses troupes sur le territoire d'un autre pays pour lancer une attaque".

"Il s'agit d'un accord de défense. Si un pays signataire de cet accord est attaqué, vous le soutiendrez pour assurer sa défense. Ce n'est pas un accord offensif", a expliqué Hakan Fidan.

"Grâce à l'aide que nous fournissons actuellement à l'Arabie saoudite, nous établissons une coopération en matière de défense. (...) Nos délégations militaires travailleront ensemble pour déterminer les mesures de défense nécessaires dans la zone d'opérations", a-t-il ajouté sans autre précision. 

Avec AFP