Espagne : Mort de Maricarmen, Symbole de la Crise du Logement
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Alors que les lycéens sont à nouveau appelés à se mobiliser aujourd’hui, coup d'œil à la presse étrangère : comment le mouvement est-il raconté, notamment outre-Atlantique ? Une photo de l’Agence France Presse à la une du Washington Post montre la composition de "La liberté guidant le peuple" près de cent ans après que le tableau a été peint par Eugène Delacroix. “La colère bout” en France, rapporte le journal. 

Les manifestations font une autre une aux États-Unis : celle du Wall Street Journal, avec ce titre “Après des années 'd’argent magique', la France devient une bombe de dette”. L’article dit même que le pays est au bord d’un précipice financier, avec un déficit budgétaire surpassé seulement par… les États-Unis eux-mêmes. 

Toujours outre-Atlantique mais côté hémisphère Sud, le Brésil s’intéresse aussi aux manifestations. Elles sont très populaires sur les réseaux sociaux, notamment parmi les supporters de Lula. La Folha de Sao Paulo prend elle aussi l’angle de la crise fiscale dans laquelle la France “plonge”, selon elle, prise dans des tirs croisés entre la rue, et les marchés. 

Ces deux graphiques montrent la dette publique en pourcentage du PIB, et l’augmentation des taux souverains.

La presse allemande commente, elle, les propos de Donald Trump sur le mouvement. Die Welt parle bien de l’augmentation des violences, et des critiques faites au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, qu’on voit s’interposer entre lycéens et CRS… et à Donald Trump qui pointe du doigt l’immigration.

Die Frankfürter Allgemeine Zeitung consacre aussi un éditorial pour contredire cette “analyse” du président Trump. Il est intitulé “Un drame sur une intégration réussie” et dresse au contraire le portrait d’une jeunesse issue de la diversité, qui demande la possibilité d’une ascension sociale.  

Côté presse française, l’Humanité consacre sa quatrième une consécutive au mouvement. Le titre : “Les Flics en Flag” fait référence aux violences policières, et aux pratiques illégales des agents, comme l’absence de numéro RIO, le port de cagoules qui masquent leurs visages, et des écussons non réglementaires, prisés par l’extrême droite. L’IGPN, la police des polices, a déjà ouvert 18 enquêtes.

À la une de la presse espagnole, la nécrologie non pas d’une célébrité mais d’un symbole. Son visage ridé, et son regard implorant, comme levé vers l’appartement dont elle avait été expulsée, sont à la une d’El Pais. Son nom complet était Maria del Carmen Abascal, mais tout le monde l'appelait Maricarmen. Cette Madrilène de 87 ans avait été expulsée de chez elle, car incapable de payer un loyer multiplié par cinq du jour au lendemain. À force de se battre et de négocier, et face à l’ampleur de la colère que sa situation a déclenchée dans la rue, elle devait rentrer chez elle en vertu d’un accord avec les propriétaires, mais elle n’aura pas eu le temps. Elle était hospitalisée depuis plusieurs jours pour épuisement. Le 20 Minutes espagnol et El Mundo montrent l’hommage que lui ont rendu les madrilènes, en criant la “Honte”, ou encore “ce ne sont pas des morts, mais des assassinats”. Ils ont allumé des bougies devant chez elle, et continué l’occupation de la Puerta del Sol qui dure depuis douze nuits. L’octogénaire leur avait demandé de ne jamais lâcher le combat, les manifestants lui promettent de continuer.

De l’autre côté de la Manche, les journaux britanniques montrent, eux, Kemi Bardenoch, dirigeante du parti conservateur, les Tories, depuis 2024, et qui est aujourd’hui à l’offensive pour reconquérir la droite britannique, engloutie par son extrême.

Son pari : le voici à la une de The Independent : parier sur les maisons de famille pour gagner des voix. La dirigeante a promis hier d’abolir les taxes sur l’héritage des propriétés familiales. “Le Labour pense qu’il est égoïste de transmettre ce que vous avez gagné à vos enfants, pas nous”, a-t-elle clamé lors du meeting annuel de son parti.

Le Guardian rapporte que les Tories “auraient peur d’elle et ne sauraient pas lui dire non”, citant une source anonyme. Et le Times détaille comment elle a rejeté toute alliance avec l'extrême droite Reform UK de Nigel Farrage, déclarant qu’elle ne s’unirait pas avec un parti qui débat pour savoir si oui ou non ses enfants métis sont anglais. Elle a reçu une "standing-ovation" de la part des Tories. 

Pour finir, un peu d’espoir apporté par le WWF, sur les populations animales…C’est relayé dans le Libération des historiens. L’édition annuelle concoctée par des chercheurs à l'occasion du Festival les rendez-vous de l’histoire de Blois.

Un chercheur au CNRS détaille le rapport “planète vivante” de la célèbre ONG au logo de panda, qui cherche l’aiguille dans une botte de foin, c’est-à-dire une bonne nouvelle pour la biodiversité. Alors la voici : la moitié des 5 790 espèces de vertébrés observées auraient tendance à être stables, voire à augmenter. C’est le cas par exemple du tigre.

L’article montre le storytelling du WWF qui “est une machine à histoires, qui équilibre bonnes et mauvaises nouvelles, chiffres et narration.” Car derrière le côté positif mis en avant, la taille des populations animales a baissé de 73 % entre 1970 et 2022. Les auteurs du rapport évaluent le manque de financement de la biodiversité à 942 milliards de dollars, qu’ils comparent au 7 000 milliards de dollars dévolus aux énergies fossiles. L’auteur indique que le monde de la conservation peut avoir tendance à minimiser les mauvaises nouvelles pour ne pas paraître trop défaitiste.