Léon XIV a entamé samedi soir à Lourdes une nouvelle étape de son voyage papal en France, porté par un fort engouement populaire, à l'image des 800 000 personnes qui se rassemblées à Paris pour suivre une messe géante place de la Concorde.
Après les bains de foules dans la capitale pendant deux jours, le souverain pontife a de nouveau suscité l'enthousiasme en arrivant en soirée à Lourdes, au pied des Pyrénées.
Le contraste était saisissant entre les vivats de la foule sur son passage et le silence de sa prière, quelques instants plus tard, dans la grotte de Massabielle, au cœur du sanctuaire marial, où il a ensuite confié la France à la protection de la Vierge Marie.
"Obtiens pour la France des gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi, capables de relever les défis et désireux de servir le bien commun", a notamment demandé le souverain pontife alors que la France élira au printemps un nouveau président.
Léon XIV est le troisième chef de l'Eglise catholique après Jean-Paul II (1983 et 2004) et Benoît XVI (2008) à venir visiter la grotte et le sanctuaire. Il est personnellement déjà venu deux fois à Lourdes, à 19 ans puis 29 ans alors qu'il était jeune prêtre.
Dimanche, le souverain pontife passera la journée à Lourdes, avec au programme notamment une messe en matinée, et en soirée une rencontre privée avec sept victimes de violences sexuelles dans l'Église.
L'accueil chaleureux à Lourdes, au moment d'inaugurer un pont à son nom ou d'entrer dans le sanctuaire, s'inscrit dans la ligne du succès populaire qui l'a accompagné à Paris.
Plus tôt samedi, de sa descente des Champs-Élysées jusqu'au début de la messe géante, place de la Concorde, Léon XIV a pu mesurer l'attente des fidèles français - ils étaient environ 800.000, selon le Vatican.
"Nuance" Et "Réflexion"
Benoit XVI avait attiré 260 000 fidèles aux Invalides pour la précédente messe papale à Paris, en 2008. Pour Jean-Paul II, ils avaient été un million en 1997 à Longchamp pour les Journées mondiales de la Jeunesse.
Pour rejoindre la vaste structure éphémère dressée non loin de l'obélisque, avec un autel blanc surmonté d'une croix de 4 mètres, le souverain pontife, de plus en plus souriant, a descendu en papamobile les Champs-Elysées, bénissant au passage de nombreux bébés et saluant la marée humaine de fidèles, dont beaucoup étaient arrivés des heures en avance.
Sur deux kilomètres, ils ont pu, tant que bien que mal pour les moins bien placés, suivre l'office d'une heure et demie sur des écrans géants.
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Dans son homélie, le chef de l'Église catholique a souligné la "soif de sens, de vérité et d'accomplissement qui habite le cœur de chacun" face à la tentation de se contenter de "biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles".
La foule recueillie a repris les chants en chœur. Une tonne d'hosties étaient prévues pour la communion, qui s'est prolongée après le départ du souverain pontife.
"Je me sens très contente. J'ai la joie", confiait ainsi Aline Riziki, agente de sécurité de 41 ans, au moment de quitter la messe. "C'est une chance immense", soulignait une autre fidèle de 32 ans, Tiphaine Plattard, venue avec ses cinq enfants âgés de 1 à 6 ans et demi. "Ils se souviendront", assure-t-elle.
Il "parle à un public au-delà de la religion catholique, c'est le pape qu'il nous faut dans l'époque actuelle, qui remet de la nuance et de la réflexion", pour Virginie Courtot, 51 ans.
"Émerveillé" Par Les Nouveaux Baptisés
De nombreuses personnalités politiques étaient présentes, dont les candidats à la présidentielle Édouard Philippe, Gabriel Attal et Marine Le Pen, accompagnée de Jordan Bardella, ainsi que le Premier ministre Sébastien Lecornu, l'ancien président Nicolas Sarkozy et les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher.
Le chef de l'État Emmanuel Macron, représenté par son épouse Brigitte Macron, a assuré sur X que la France était "fière d'accueillir le pape Léon XIV et cette messe monumentale au cœur de Paris".
La visite inédite de Léon XIV dans l'Hexagone, qui le mènera à Metz lundi après Lourdes, a lieu sous haute sécurité, mobilisant 17.000 bénévoles, près de 15.000 policiers et gendarmes pour un budget de 27 millions d'euros.
Lui-même petit-fils d'immigrés, Léon XIV avait commencé sa deuxième journée en France en se rendant dans l'association diocésaine de soutien aux migrants la Maison Bakhita. "Une maison qui témoigne à toute la ville qu'il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix", a-t-il déclaré, après avoir entendu des témoignages d'exilés afghan et nigérian.
Depuis son élection en mai 2025, Robert Francis Prevost a régulièrement appelé à défendre la dignité des personnes exilées et des réfugiés, critiquant parfois la politique migratoire du président américain Donald Trump.
L'évêque de Rome, chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde, s'est ensuite dit "émerveillé" par le nombre croissant de nouveaux baptisés en France, après en avoir rencontré certains.
Avec AFP